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Chasse et biodiversité : le rôle concret des chasseurs dans la préservation de la nature

En France, les chasseurs contribuent à la biodiversité par la régulation encadrée des populations de gibier via le plan de chasse, l'aménagement du territoire (haies, jachères, zones humides)

En France, les chasseurs contribuent à la biodiversité par la régulation encadrée des populations de gibier via le plan de chasse, l'aménagement du territoire (haies, jachères, zones humides) financé par les fédérations départementales, et le financement de programmes de gestion de la faune sauvage grâce à la redevance cynégétique. Ce rôle reste toutefois débattu selon les espèces et les territoires.

La relation entre chasse et écologie fait souvent débat, parfois sur la base d'idées reçues plutôt que de faits vérifiables. Au delà des opinions, plusieurs mécanismes concrets existent bel et bien : régulation encadrée des populations, aménagements du territoire, financement de programmes de préservation. Cet article détaille ces mécanismes de façon factuelle, sans éluder les critiques et les débats qui entourent encore ce sujet.


La régulation des populations : un besoin écologique réel

Certaines espèces de gibier, en particulier le sanglier, connaissent une croissance démographique importante dans de nombreuses régions françaises depuis plusieurs décennies. Cette situation s'explique notamment par la raréfaction des grands prédateurs naturels, l'évolution des pratiques agricoles qui offre davantage de nourriture disponible, ainsi que des hivers globalement plus doux favorisant la survie des jeunes animaux. En l'absence de régulation, une surpopulation peut entraîner des dégâts agricoles importants, une pression accrue sur certains milieux naturels, et une hausse des collisions routières impliquant du gibier.

La chasse joue dans ce contexte un rôle de régulation qui vient historiquement compenser, au moins partiellement, la disparition de la prédation naturelle sur certains territoires. Il ne s'agit pas d'une chasse libre et non contrôlée, mais d'un prélèvement encadré par des règles précises, définies chaque année au niveau départemental. Ce travail de régulation repose d'ailleurs largement sur le terrain, notamment lors des battues organisées où traqueurs et tireurs collaborent pour un prélèvement efficace et sécurisé.

 

Le plan de chasse : une régulation encadrée scientifiquement

En France, le prélèvement du grand gibier est encadré par un plan de chasse, fixé chaque année par arrêté préfectoral pour chaque territoire concerné. Ce plan détermine un nombre minimum et un nombre maximum d'animaux pouvant être prélevés selon les espèces, sur la base de plusieurs indicateurs de terrain : comptages nocturnes réalisés à l'aide de projecteurs sur des circuits fixes, indices kilométriques d'abondance qui mesurent la fréquence des observations sur des trajets définis, et constats de dégâts agricoles remontés par les fédérations départementales des chasseurs.

Ce système vise un double objectif : maintenir des populations de gibier en équilibre avec les capacités d'accueil du milieu naturel, tout en évitant à la fois la surpopulation et le sur prélèvement. Un chasseur ne peut donc pas prélever d'animaux au delà de ce plan sans risquer des sanctions, ce qui distingue nettement cette pratique encadrée d'une chasse non régulée. Selon l'Office français de la biodiversité, organisme public en charge du suivi de la faune sauvage, ces données de comptage sont régulièrement croisées avec des études scientifiques indépendantes pour ajuster les plans de chasse d'une année sur l'autre.

 

Les aménagements concrets réalisés par les fédérations de chasseurs

Au delà de la régulation, de nombreuses fédérations départementales des chasseurs mènent des actions concrètes d'aménagement du territoire en faveur de la biodiversité. La plantation de haies bocagères fait partie des actions les plus courantes, ces haies offrant à la fois un abri pour le gibier et un habitat pour de nombreuses autres espèces, oiseaux, insectes pollinisateurs et petits mammifères, tout en limitant l'érosion des sols agricoles.

La création de jachères faunistiques, des parcelles agricoles volontairement laissées en végétation naturelle ou semées avec des mélanges spécifiques, constitue une autre action fréquente, financée en partie par les cotisations des chasseurs eux mêmes. Ces jachères offrent une source de nourriture et un couvert pour la faune sauvage, particulièrement utiles en hiver ou lors des périodes de récolte agricole intensive. La restauration et l'entretien de zones humides, mares, étangs ou roselières, fait également partie des actions régulièrement portées par les fédérations, ces milieux étant essentiels non seulement au gibier d'eau, mais à une biodiversité beaucoup plus large. Cette lecture attentive du terrain rejoint d'ailleurs les mêmes principes d'observation utiles pour repérer les indices de présence du gibier avant une sortie de chasse.

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Le financement de la biodiversité par la chasse

Le monde de la chasse contribue également financièrement à ces actions, notamment via la redevance cynégétique payée chaque année par les chasseurs, dont une partie est reversée à des programmes de gestion de la faune sauvage et des habitats naturels. Les fédérations départementales financent aussi, sur leurs fonds propres, l'indemnisation des dégâts agricoles causés par le grand gibier, un mécanisme qui incite indirectement à une régulation efficace des populations, puisque des dégâts non maîtrisés représentent un coût financier direct pour le monde cynégétique lui même.

Certains programmes de recherche sur la faune sauvage, menés par des organismes comme l'Office français de la biodiversité, bénéficient également de financements liés à la chasse, notamment pour le suivi sanitaire des populations de gibier ou l'étude de leurs déplacements.

 

Un sujet qui reste débattu

Il serait toutefois incomplet de présenter ce rôle sans mentionner les critiques qui existent sur le sujet. Certaines associations de protection de la nature estiment que la régulation par la chasse reste insuffisante ou mal calibrée selon les territoires, et pointent des cas de prélèvements jugés excessifs sur certaines espèces, notamment des oiseaux migrateurs dont les populations sont fragiles. D'autres soulignent que certaines pratiques, comme le nourrissage artificiel du gibier ou l'introduction d'espèces à des fins purement cynégétiques, peuvent avoir des effets contestables sur les équilibres écologiques locaux, à l'inverse de l'objectif affiché de préservation.

Ce débat reflète des désaccords réels, à la fois scientifiques et éthiques, sur l'équilibre entre gestion cynégétique et conservation de la biodiversité, et il varie fortement selon les espèces, les régions et les pratiques locales. Présenter ces éléments de façon transparente permet de mieux comprendre un sujet souvent réduit à des positions tranchées, alors que la réalité est plus nuancée.

 

Questions fréquentes

La chasse est elle nécessaire à l'équilibre écologique ?
Dans certains contextes, notamment pour les populations de grand gibier comme le sanglier, la régulation par la chasse compense en partie l'absence de prédateurs naturels. Pour d'autres espèces, la question fait davantage débat selon les territoires.

Tous les chasseurs participent ils à des actions environnementales ? 
Les actions d'aménagement et de financement sont généralement portées par les fédérations départementales, financées par les cotisations des chasseurs, plutôt que par des initiatives individuelles isolées.

Le plan de chasse garantit il l'absence de surpopulation ou de sous population ? 
Il vise cet équilibre en s'appuyant sur des indicateurs de terrain, mais son efficacité dépend de la qualité des données de comptage et peut varier selon les départements et les espèces concernées.

Combien rapporte la redevance cynégétique à la protection de la nature chaque année ?
Le montant varie selon les départements et les années, une partie étant reversée à des programmes de gestion de la faune sauvage, une autre à l'indemnisation des dégâts agricoles causés par le grand gibier.


La chasse est elle compatible avec les zones Natura 2000 ?
Oui, sous conditions, la chasse pouvant être autorisée dans ces zones protégées à condition de respecter des règles spécifiques définies au cas par cas selon les enjeux écologiques du site concerné.

En résumé

Le rôle des chasseurs dans la préservation de la biodiversité repose sur des mécanismes concrets et vérifiables : régulation encadrée par un plan de chasse, aménagements du territoire comme les haies ou les jachères faunistiques, et financement de programmes de gestion de la faune sauvage.
Ce rôle reste toutefois débattu, certaines pratiques faisant l'objet de critiques légitimes selon les contextes. Présenter ces deux facettes permet une compréhension plus juste d'un sujet souvent traité de façon trop tranchée.

Pour aller plus loin sur Chasse Tricolore : découvrez comment les traqueurs contribuent à une battue sécurisée et efficace, apprenez à lire un territoire de chasse grâce aux indices de présence du gibier, ou consultez notre guide complet sur le dressage d'un chiot de chasse.

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