
Le sanglier ne fréquente pas les mêmes endroits en juin et en décembre. Sa nourriture, ses besoins en eau, la reproduction et le dérangement le poussent à changer de secteur au fil de l'année.
Savoir où le trouver selon la saison, c'est mieux placer ses postes, choisir les bonnes enceintes et réussir ses affûts. Voici le guide saison par saison.
Comprendre le rythme de vie du sanglier
Avant de parler des saisons, il faut connaître son rythme quotidien. Le sanglier est surtout nocturne, en particulier là où il est chassé ou dérangé.
- La journée, il se repose dans sa remise : un couvert dense et tranquille (ronciers, fourrés, jeunes plantations de résineux, roselières, landes à ajoncs ou fougères). Il s'y couche dans une bauge, une cuvette creusée au sol.
- La nuit, il sort pour se nourrir et peut parcourir plusieurs kilomètres entre sa remise et ses zones d'alimentation.
- Il a besoin d'eau pour boire et pour se rouler dans la boue des souilles, qui le débarrassent des parasites et le rafraîchissent.
La règle de base : on chasse le sanglier dans ses remises en battue, et sur ses passages ou ses zones de nourriture à l'affût. Ce sont ces deux lieux qui changent selon la saison.
Au printemps (mars à mai) : prairies et mises bas
Le printemps est la période des naissances. La plupart des marcassins naissent entre mars et mai, même si des mises bas peuvent avoir lieu toute l'année.
Où il se nourrit
- Dans les prairies, qu'il retourne pour chercher vers de terre, larves et racines.
- Dans les semis de printemps (maïs, tournesol), où il déterre les graines.
- En lisière, sur les jeunes pousses et les bulbes.
Où il se remise
- Les laies s'isolent pour mettre bas dans un chaudron, un nid de végétaux construit dans un couvert très dense.
- Les compagnies avec marcassins restent ensuite discrètes, dans des fourrés proches de l'eau.
C'est une période où il faut éviter de déranger les laies suitées. La chasse est d'ailleurs généralement fermée, sauf destructions autorisées ou tirs d'été dans certains départements.
En été (juin à août) : les cultures et l'eau
L'été, le sanglier quitte souvent la forêt pour les cultures. C'est la saison des dégâts agricoles, et celle de l'ouverture anticipée dans de nombreux départements.
Où il se nourrit
- Dans les céréales (blé, orge) avant la moisson, puis dans le maïs dès que les épis sont au stade laiteux, en général à partir de juillet.
- Dans les champs de pois, de pommes de terre et les vergers.
Où il se remise
- Directement dans les grandes cultures : un champ de maïs offre à la fois le couvert, la fraîcheur et la nourriture. Certaines compagnies n'en sortent pas de l'été.
- Dans les fourrés frais, les fonds de vallon et les zones humides, près des points d'eau et des souilles.
Conseil de chasse : l'affût en bordure de culture, au coucher du soleil, est la technique reine de l'été. Repérez les coulées qui sortent des champs et les souilles fraîchement utilisées.

En automne (septembre à novembre) : le retour en forêt
Après les moissons et la récolte du maïs, le sanglier perd son garde-manger et son couvert. Il revient en forêt, attiré par les fruits forestiers.
Où il se nourrit
- Sous les chênes, les hêtres et les châtaigniers, pendant la glandée : glands, faînes et châtaignes sont sa nourriture préférée.
- Les années de forte fructification, il se déplace peu et reste en forêt. Les années pauvres, il fréquente davantage les prairies et les chaumes.
Où il se remise
- Dans les massifs forestiers de feuillus, les ronciers, les jeunes plantations et les zones les plus calmes.
- Les premières battues le poussent à rechercher les remises les plus denses et les moins dérangées.
Conseil de chasse : repérez les secteurs de glandée de l'année. C'est là que se concentrent les compagnies, et que les traques ont le plus de chances d'être fructueuses.
En hiver (décembre à février) : le rut et les remises denses
L'hiver est la saison du rut, avec un pic généralement entre novembre et janvier. Les mâles adultes, habituellement solitaires, rejoignent les compagnies et parcourent de grandes distances à la recherche des laies.
Où il se nourrit
- En forêt, tant qu'il reste des glands et des faînes au sol.
- Ensuite dans les prairies et les cultures d'hiver, où il cherche racines, vers et larves.
- Sur les zones d'agrainage dissuasif, là où il est autorisé.
Où il se remise
- Dans les couverts les plus denses et les plus chauds : ronciers épais, plantations de résineux, landes, marais et roselières.
- Les secteurs les plus calmes, après plusieurs mois de battues.
Conseil de chasse : en période de rut, un grand mâle peut surgir dans une enceinte où on ne l'attendait pas. Et après une chute de neige, c'est le moment idéal pour faire le pied et localiser précisément les animaux remisés.
Récapitulatif : où trouver le sanglier saison par saison
|
Saison |
Ce qu'il mange |
Où il se remise |
Meilleure approche |
|---|---|---|---|
|
Printemps (mars-mai) |
Vers, larves, racines, semis |
Fourrés denses, chaudrons des laies |
Observation, repérage (chasse en général fermée) |
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Été (juin-août) |
Céréales, maïs au stade laiteux |
Champs de maïs, fourrés frais près de l'eau |
Affût en bordure de culture |
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Automne (sept.-nov.) |
Glands, faînes, châtaignes |
Forêts de feuillus, ronciers |
Battue sur les secteurs de glandée |
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Hiver (déc.-févr.) |
Restes de glandée, prairies, agrainage |
Ronciers, résineux, marais, landes |
Battue, pied à la neige |
Les indices de présence à repérer
Quelle que soit la saison, le sanglier laisse des traces faciles à lire pour qui sait les chercher :
- Les empreintes : deux sabots principaux et deux gardes (onglons arrière) bien marquées, plus larges que celles du chevreuil.
- Les boutis : zones de terre retournée, signe qu'il s'est nourri à cet endroit.
- Les souilles : flaques boueuses où il se roule. Une eau trouble ou des éclaboussures fraîches indiquent un passage récent.
- Les frottis : troncs couverts de boue séchée et de poils, souvent près des souilles, appelés arbres frotteurs.
- Les coulées : passages réguliers dans la végétation, entre la remise et les zones de nourriture.
- Les laissées : excréments en boudins, dont le contenu renseigne sur ce qu'il mange.
Plus les indices sont frais, plus le sanglier est susceptible d'être encore dans le secteur.
Météo et conseils pratiques
Le temps influence aussi les déplacements du sanglier :
- Par fortes chaleurs, il se déplace tard le soir et reste près de l'eau.
- Par temps de pluie fine, il est souvent plus actif et sort plus tôt, car le bruit et les odeurs portent moins.
- Par grand vent, il reste volontiers couché dans des remises abritées.
- Par temps de neige, il bouge moins, mais ses traces le trahissent.
- La lune joue un rôle : par nuit claire, les sorties en plaine sont plus faciles à observer à l'affût.
Quelques réflexes utiles : tenez compte du vent à l'affût, car le sanglier a un odorat redoutable ; notez vos observations d'une année sur l'autre ; et rapprochez-vous des agriculteurs, qui savent souvent où les sangliers sont passés la nuit précédente.
FAQ
À quelle heure sort le sanglier ?
Généralement au crépuscule, puis toute la nuit. Il rentre à sa remise avant le lever du jour. Dans les secteurs calmes, il peut sortir en fin d'après-midi.
Le sanglier reste-t-il toujours au même endroit ?
Non. Il change de remise selon la nourriture disponible, le dérangement et la saison. Une compagnie peut toutefois rester fidèle à un secteur tant qu'il est tranquille.
Pourquoi trouve-t-on des sangliers dans le maïs en été ?
Parce que le maïs offre tout ce dont il a besoin : couvert, fraîcheur, nourriture et tranquillité.
Quelle distance parcourt un sanglier en une nuit ?
Souvent quelques kilomètres, parfois beaucoup plus pour les mâles en période de rut ou les animaux dérangés.

Conclusion
Prairies et chaudrons au printemps, cultures et souilles en été, glandée en automne, remises denses et rut en hiver : le sanglier suit un cycle annuel bien marqué. Le connaître permet d'anticiper ses déplacements et d'adapter sa façon de chasser.
Mais chaque territoire a ses particularités. Le meilleur outil reste le repérage sur le terrain, saison après saison.


